Thursday, July 16, 2015

Écriture/Violence (Blanchot, Artaud)



Qorpo Santo: Interpretações (1887);
Michel Haneke: Le Monde Montrable est Noir;

"On ne peut rien précipiter. Il faut qu'il croisse naturellement, ce Grand Oeuvre, qu'il pousse, et s'il lui arrive un jour de parvenir à maturité, alors tant mieux."
Paul Klee (traduction par Pierre-Henri Gonthier)
"Quanto a ti, já reparaste como o mundo parece feito de pontas e arestas? Já chamei tua atenção para a escassez de contornos mansos nas coisas? Tudo é duro e fere."
Caio Fernando Abreu
"The fear is a gift... And his absence is much worse than his presence."
James St. James

"Oui, je peux l'écrire, et c'est sans doute cela ma folie..."
Hervé Guibert
"Por meio do malogro da voz, depois de ter construído uma escritura..."
Olga de Sá

"Il faut qu'une image se transforme au contact d'autres images comme un couleur au contact d'autres couleurs. Un bleu n'est pas le même bleu à côté d'un vert, d'un jaune, d'un rouge."
"Choses rendues plus visibles non par plus de lumière, mais par l'angle neuf sous lequel je les regarde."
"Si un son est le complément obligatoire d'une image, donner la prépondérance soit au son, soit à l'image. À égalité, ils se nuisent ou se tuent... qu'ils travaillent chacun à leur tour par une sorte de relais."
"L'oeil sollicité seul rend l'oreille impatiente, l'oreille sollicitée seule rend l'oeil impatient. Utiliser ces impatiences."
Robert Bresson

" Le théâtre contemporain est en décadence parce qu'il a perdu le sentiment d'un côté du sérieux et de l'autre du rire. Parce qu'il a rompu avec la gravité, avec l'efficacité immédiate et pernicieuse, — et pour tout dire avec le Danger."
A. Artaud (La mise en scène et la métaphysique)
"Avec cette manie de tout rabaisser qui nous appartient aujourd'hui à tous, 'cruauté', quand j'ai prononcé ce mot, a tout de suite voulu dire 'sang' pour tout le monde. Mais 'théâtre de la cruauté' veut dire théâtre difficile et cruel d'abord pour moi-même... il ne s'agit pas de cette cruauté que nous pouvons exercer les uns contre les autres en nous dépeçant mutuellement les corps, en sciant nos anatomies personnelles... Et le ciel peut encore nous tomber sur la tête. Et le théâtre est fait pour nous apprendre d'abord cela."
"Tout dépend de la façon et de la pureté avec laquelle les choses sont faites. Il y a un risque. Mais qu'on n'oublie pas qu'un geste de théâtre enseigne justement l'inutilité de l'action qui une fois faite n'est plus à faire, et l'utilité supérieure de l'état inutilisé par l'action mais qui, retourné, produit la sublimation."
A. Artaud (En finir avec les chefs-d'oeuvre)
"Tous ce qui agit est une cruauté."
"Il ne s'agit pas de supprimer la parole articulée, mais de donner aux mots à peu près l'importance qu'ils ont dans les rêves."
"... l'amas de tous les gestes impulsifs, de toutes les attitudes manquées, de tous les lapsus de l'esprit et de la langue, par lesquels se manifeste ce que l'on pourrait appeler les impuissances de la parole, et il y a là une richesse d'expression prodigieuse..."
A. Artaud (Le théâtre de la cruauté)
"Pas de cruauté sans conscience, sans une sorte de conscience appliquée."
"J'emploie le mot de cruauté dans le sens d'appétit de vie, de rigueur cosmique et de nécessité implacable, dans le sens gnostique de tourbillon de vie qui dévore les ténèbres..."
"... la mort est cruauté, la résurrection est cruauté, la transfiguration est cruauté, puisque en tous sens et dans un monde circulaire et clos il n'y a pas de place pour la vraie mort, qu'une ascension est un déchirement, que l'espace clos est nourri de vies, et que chaque vie plus forte passe à travers les autres, donc les mange dans un massacre qui est une transfiguration et un bien."
"Le bien est toujours sur la face externe mais la face interne est un mal."
A. Artaud (Lettres sur la cruauté)
"... la vie, métaphysiquement parlant et parce qu'elle admet l'étendue, l'épaisseur, l'alourdissement et la matière, admet, par conséquence directe, le mal et tout ce qui est inhérent au mal, à l'espace, à l'étendue et a la matière."
A. Artaud (Lettres sur le langage)
"... je me rendis compte que s'il y a un sentiment qui, à ce sujet, peut leur être étranger, c'est bien la peur, mais que, par contre, ce mot éveille chez eux le sens du sacré d'une manière que la conscience européenne ne connaît plus..."
A. Artaud (Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras)

"Perhaps I have opened the wrong door and at any moment The Man In Possession, The Owner Who Got There First will rush in and scream: 'What Are You Doing Here? Who Are You?' And I don't know what I am doing there nor who I am. I decide to play it cool and maybe I will get the orientation before the Owner shows... So instead of yealling Where Am I? cool it and look around and you will find out approximately... You were not there for The Beginning. You will not be there for The End... Your knowledge of what is going on can only be superficial and relative... There is only one thing a writer can write about: what is in front of his senses at the moment of writing... I am a recording instrument... I do not presume to impose 'story' 'plot' 'continuity'... Insofar as I suceed in Direct recording of certain areas of psychic process I may have limited function... I am not a entertainer..."
William S. Burroughs
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It is important to clear this point: when Blanchot says that "Écrire... est la violence la plus grande" (L'Entretien, p. VIII), this clearly would NOT serve as an apology for the acts of vulgar brutality and sheer stupidity that now hold sway of the political domain: all the anarchist fuss against capitalism, for instance (but also terrorism and counter-terrorism as state of exception).

Only through painstaking writing (but not necessarily with a pen or a keyboard, and it relates to reading), one can truly break up with "la totalité des concepts qui fonde l'histoire.

More to the end of L'Entretien, Blanchot quotes Artaud: "le vrai théâtre... pousse à une sorte de révolte virtuelle et qui ne peut avoir son prix que si elle demeure virtuelle" (p. 435). What is really worth of for Blanchotthe most fascinating and the most dangerous, is still l'espace littéraire: "la poésie entendue comme espace, l'espace non pas des mots, mais de leurs rapports, qui toujours les précède et, quoique donné en eux, est leur suspens mouvant, l'apparence de leur disparition... l'idée de l'image et de l'ombre, du double et de l'absence, plus réelle que la presence." This is the greater violence, and it has nothing to do with what we ordinarily understand by "violence." 

There is no vulgar brutality and sheer stupidity in a writer such as Blanchot (the same should be said about Derrida***), although you will perhaps find that in the sayings of people who polemicize against him. Concerning l'esprit de flamme, Blanchot's true affinities lie with people like Hölderlin, Rimbaud, Héraclite and Jacob Boehme—with whom he aligns Artaud (L'Entretien p. 438). He defends the "practico-inerte" that Sartre condems (p. 441; cf. L'Écriture du désastre p. 182, 209). 

***"[On] ne cède pas... à l'opportunisme ou au cynisme de l'antidémocrate qui cache son jeu. Tout au contraire: on garde son droit indéfini à la question, à la critique, à la déconstruction (droits garantis, en principe, par toute démocratie: pas de déconstruction sans démocratie, pas de démocratie sans déconstruction)" (Politiques de l'Amitié). About Blanchot: "il n'y a aucun goût pour le vide ou pour la destruction chez quiconque fait droit à cette necessité d'évider toujours davantage et de déconstruire des réponses philosophiques qui consistent à totaliser, à combler l'espace de la question ou à en dénier la possibilité, à fuir cella même qu'elle aura permis d'entrevoir" (Spectres de Marx).  

See also:
- What is REAL space? What is REAL number?
- What is the meaning of sacer in Homo Sacer?
- L'articulation (II) (responsabilité & au de la de l'être);
- L'articulation (I) (non-origine, excès & dehors);
- Parler est une chose grave (la légèreté même);
- Copie conforme: profondeur plat-parlante du reflet;
- ... Communauté Élective;
- view from Berthe Trépat's apartment;

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