Sunday, June 07, 2015

"... Communauté Élective" or le coeur n'est pas le même — syncope



Egon Schiele
Torso (1911)
Image from Simon Wilson's Egon Schiele

"Psyche est étendue, partes extra partes... dispersion de places indéfiniment morcelées en lieux qui se divisent... tout est au dehors d'un autre dehors..."
Jean-Luc Nancy, Primière Livraison
"Corps est la certitude sidérée..."
Jean-Luc Nancy, Corpus
"Psyche corporelle mais intouchable... étendue intouchable et d'abord intangible... Penser le toucher en touchant à l'intouchable... l'injonction absolue... l'impossible... Et  si, loin de s'opposer à Kant, Freud voulait seulement interpréter et raffiner le modèle kantien?"
Jacques Derrida, Le toucher
"Une certaine vérité de l'expérience féminine qui touche la jouissance de la douleur côtoie chez Duras la mythification du féminin inaccessible."
Julia Kristeva, Soleil noir
"... l'infiltration de l'absence fatale qui avait réussi à rompre tous les barrages... "
Maurice Blanchot, Thomas l'Obscur
"Todo cariño es un zarpazo ontológico..."
Cortázar, Rauyela
"Now you have 2 hearts."
James Lee Byars (letter to Joseph Beuys)

In this text, Blanchot wrote not only about Georges Bataille, but also about Kierkegaard (le saut mortel), and there were many references to Plato's Phaedrus. From it we learn that la déconstruction a toujours été "la responsabilité ou obligation envers Autrui" ET la quête de "la spiritualité la plus haute" (La Communauté Inavouable, 1983, p. 73-75).**
Another book (this is a series, certaines histoires, anecdotes)*** was written recently, in which the following is said: "... une théologie négative de la jouissance... C'est le point sur lequel je dois le plus nettement me séparer de Blanchot — ce qui n'entraîne pas plus de dissension qu'il n'a été question d'assentiment: nous ne disputons pas pour avoir raison, nous décidons chacun d'approcher ce qui est sans raison et chacun le fait selon ce qui le porte ou l'entraîne (La Communauté Désavouée, 2014, p. 147). Unfairly, we once feared that the separation in question would entail abandoning la quête de la spiritualité la plus haute. We were unable even to imagine a kind of positive theology de la jouissance (unnamed). 
But either in case theology disappears or becomes only positive, we feel the need to underline that indeed "la scène sexuelle tant imaginée par Duras que remise en perspective par Blanchot est une scène d'avance soumise aux conditions du mythe" (La Communauté Désavouée, p. 148). And it seems that it is not only the case that "it is," it has to be une scène d'avance soumise aux conditions du mythe.**** This is why we felt compelled (always to a certain extent, sans manque de tact, le poids, voeu d'abstinence, féminité du tendre, epiphanie, vertige solitaire, infondable y quiças au-delà de l'être, glissement, télé-vision) to answer affirmatively (against Nancy) to Nancy's other questions: OUI, "le regard est-il condamné à être voyeur (ou aveugle) et le mouvement à rester pour finir pris en lui-même," parce que, OUI, "l'amour empêché reste devant [mais ouvert!], le mouvement d'aimer se porte en avant" (La Communauté Désavouée, p. 150). Faux pas de jouissance, peut-être positif, théologique et aristocratique. (Et Sade!) Faut-il changer de coeur (Jacques Derrida, Le toucher, p. 72)? Misericórdia. Certainement, mais juste c'est ça, (à la foi-s et) jamais le même! Incorrigible. Corps étranger. Et revenant spectral. Phantasma. Effets de projection! — hoc est enim corpus meum.*****
Two important passages of Nancy's book should be highlighted: 
"[Dans le livre de Blanchot], il s'agit, à n'en pas douter, d'une autre politique, non pas antidémocratique sans doute, mais trouvant par-delà la démocratie le principe d'un rapport hiérarchique  au sens le plus propre — à un dépassement ou à un fondement infini dans 'le pouvoir indéfinissable du féminin'..." (La Communauté Désavouée, p. 155).******
"Mais l'infini — et c'est qui m'éloigne de Blanchot — ne consiste pas simplement dans la fuite et dans l'évanouissement: il est cela de manière beaucoup plus présente et actuelle, il est dans l'effectivité d'un rapport, d'une proximité, d'un contact" (La Communauté Désavouée, p. 164). This is fair enough. Patientons (rien à voir, l'intrusion sans âge, toucher à la limite, en passant, se passant, désadhérance, différance)Still, we should say that we ourselves feel more like doing a faux pas de jouissance, théologique if positif, et peut-être aristocratique (exaspération, acharnement, éclatement).

Aftertought:

When Agamben reads Benjamin's messianism and the concept of "universal language" as representing "la definitiva cancellazione e risoluzione nel linguaggio umano, il nome di Dio definitivamente e assolutamente proferito in parole" ("Categorie linguistiche e categorie storiche nel pensiero di Benjamin,La potenza del pensiero, p. 49)isn't he very distant from deconstruction? Unless he cancels out what we are here calling la quête de la spiritualité la plus haute with another kind of "positive theology." And on the one hand, the "end" of deconstruction (its secret) is this"la belle tentation," as Derrida calls it, in Politiques de l’Amitié. But, on the other hand, Derrida also warns: "... il est impossible de ne pas aspirer à cette hantise sans laquelle aucune « bonne » décision jamais n'accéderait à la responsabilité, sans laquelle rien jamais, aucun événement n'arriverait." And in another chapter: "Derrière le jeu logique de la contradiction ou du paradoxe, peut-être le « O mes amis, il n'y a nul amy » signifie-t-il d'abord et finalement ce débordement du présent par l'indéniable futur antérieur qui serait le mouvement même et le temps de l'amitié. N'avoue-t-il pas un indéniable futur antérieur, l'absolu d'un passé comme d'un avenir imprésentables, c'est-à-dire de traces qu'on ne peut jamais que dénier en les convoquant au jour de la présence phénoménale?" Et plus loin: "Tous les phénomènes de l'amitié, toutes les choses et tous les êtres qu'il faut aimer relèvent de la spectralité." Is it possible for the author of Stanze to disagree? And he still says in the end of Stato di Eccezione (Homo Sacer II, 1): "Se è vero che l’articolazione fra vita e diritto, anomia e nomos prodotta dallo stato di eccezione è efficace, ma fittizia, non si può, tuttavia, trarre da ciò la conseguenza che, al di là o al di qua dei dispositivi giuridici, si dia da qualche parte un accesso immediato a ciò di cui essi rappresentano le frattura e insieme, l’impossibile composizione... Vita e diritto, anomia e nomos, auctoritas e potestas risultano dalla frattura di qualcosa a cui non abbiamo altro accesso che attraverso la finzione della loro articolazione e il paziente lavoro che, smascherando questa finzione, separa ciò che si era preteso di unire. Ma il disincanto non restituisce l’incanto al suo stato originário: secondo il principio per cui la purezza non è mai nell’origine..."
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**"Jadis les dieux, jadis Dieu nous ont aidés à ne pas appartenir à la terre où tout disparaît et, le regard fixé sur l'impérissable qui est le supraterrestre, à organiser cependant cette terre en demeure; aujourd'hui où manquent les dieux, nous nous détournons toujours plus de la présence passagère pour nous affirmer dans un univers construit à la mesure de notre savoir et libre de ce hasard qui toujours nous fait peur, parce qu'il recèle l'obscure décision. Cependant, dans cette victoire, il y a une défaite, dans cette vérité, celle des formes, des notions et des noms, il y a un mensonge et, dans cet espoir, celui qui nous confie à un au-delà d'illusion ou à un avenir sans mort ou à une logique sans hasard, il y a peut-être la trahison d'un plus profond espoir que la poèsie (l'écriture) doit nous apprendre à réaffirmer" (L'Entretien Infini, 1969, p. 46-47, italics added). In reading this passage, one should consider that L'Entretien (written before La Communauté) was perhaps Blanchot's most 'atheist' book. And that what he calls here "un plus profond espoir" is betrayed rather by 'giving up' [la quête pour] la spiritualité la plus haute than by maintaining it.
***"... n'est-ce pas beaucoup? n'est-ce pas énorme?" (Derrida, Le toucher, p. 135).
****"... on ne peut parler de tact et de contact sans contact, que là où une loi vient dicter ou prescrire, enjoindre ce qui n'est pas (naturel). Et cela se produit dans la 'nature', bien avant l'homme, toujours avant la distinction entre des étants et des vivants" (Derrida, Le toucher, p. 83); "pourra-t-on jamais dissocier le proche et le propre? le proche, le propre et le présent, la présence du présent?" (p. 112); "la loi marque ainsi le sans dans le sens ou dans l'existence... elle inscrit donc l'ininscriptible dans l'incription même, ele excrit..." (p. 335).
*****"... une déconstruction du christianisme aurait à l'infini du pain sur la planche" (Derrida, Le toucher, p. 73).
******"Pour qu'il y ait ce coeur, ce bon coeur, il faut que la possibilité du mauvais coeur reste à jamais ouverte..." (Derrida, Le toucher, p. 319).

See also:
- L'articulation (II) (responsabilité & au de la de l'être);
- Écriture/Violence;
- L'articulation (I) (non-origine, excès & dehors);
- Parler est une chose grave... parler c'est la légèreté même;
- Copie conforme: profondeur plat-parlante du reflet;
- Entre vida ativa e experiência literária;
And also:
- défi du non-circoncis;
- faire ce qu'il faut, parler au spectre;
- view from Berthe Trépat's apartment;
- Audrey Hempburnt Haunted by A/Z;
- Genug! Manifesto;

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